Critique Jazzman OdFCritique Jazzman OdFJe voudrais vous faire part de la formation de « Ghetto Report », avec Antonin Rayon à l’Hammond B3 et Philippe Gleizes à la batterie, et ma pomme à la guitare, formation canonique en jazz mais inédite pour moi, hormis un super K-Do de’Emmanuel Bex en dix-neuf-cents-lascaux qui m’avait invité à trioter avec lui, avec comme voisins gratteurs dans le CD « 3 » Bireli et Philippe Catherine, ça oblige……
Grant Green avec Elvin et Larry Young, Maclo avec Tony Williams et Larry Young aussi, tiens tiens, voici déjà deux pistes qui j’espère pourraient nous mener à jouer partout des ascenseurs aux garages, des caves au Stade de Phrance, faut que je me calme la!

Vous trouverez ic des extraits sonores, on commence, on a faim, si vous aimez parlez en à vos amis, sinon

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à vos ennemis!

Ci dessous un peu de presse récente:
Claude Barthélemy & L’Occidentale

la République du son.

Cette semaine, un coup de cœur pour un album énergisant, inclassable et surprenant. C’est d’abord l’histoire d’une rencontre entre le bouillonnant guitariste Claude Barthélemy et l’orchestre “l’Occidentale” qui navigue avec délectation entre jazz entre musiques traditionnelles. Le résultat est lumineux !
Claude Barthelemy est un guitariste atypique, souvent considéré comme le cousin de Hendrix et de Zappa, il est vrai qu’il connait d’abord une période rock avant de devenir une figure du jazz français et européen. Particulièrement éclectique, il collabore aussi dans le domaine de la musique contemporaine et il écrit pour le théâtre. Virtuose guitaristique, Claude Barthélemy est aussi un compositeur et un arrangeur aguerri, un meneur de projets et de troupes ! Il a notamment révélé son véritable talent pour la direction d’orchestre à la tête de l’Orchestre National de Jazz qu’il a dirigé à deux reprises.
En 2004, à l’occasion du festival de jazz du Mans, il découvre le collectif “l’Occidentale”, une formation de huit instrumentistes inspirés les uns par la musique traditionnelle gasconne, les autres par le répertoire breton. Ce collectif se plait depuis plus de dix ans à revisiter un répertoire traditionnel. Séduit par la démarche, il fait la rencontre de Fred Pouget qui assure la direction artistique du collectif, l’idée d’un projet commun entre l’Orchestre et le guitariste née en 2012. Sorti il y a quelques semaines, cet album “Claude Barthelemy & l’occidentale” est un enregistrement effectué en mai 2014, à l’image de sa très belle couverture, il offre un patchworks de séquences musicales des plus étonnantes et détonantes.
Extrait de concert de l’Occidentale ou comment dérider les cornemuses …
Une approche éclectique et transversale
Claude Barthélemy s’est emparé du répertoire de l’Occidentale avec intelligence et malice, on retrouve la fantaisie qu’on lui connait, il a bousculé les codes et les barrières stylistiques pour embarquer le répertoire traditionnel aussi bien dans une ambiance jazz rock qu’avant gardiste. Claude Barthélemy lui même reconnait bien volontiers avoir été séduit par “l’énergie déployée par le souffle de cette banda de luxe accastillée tendance et orientée rural… la destination importe peu : j’aime à caboter en musique, et mêler sans trop de mémoire les fragrances recueillies aux diverses étapes” affirme t-il joliment. Le guitariste est un esprit libre, très libre, qui n’hésite nullement à revisiter une gavotte au point de la rhabiller avec un costume jazz très contemporain. Son talentueux travail d’arrangeur et d’orchestrateur a indéniablement propulsé l’orchestre de l’Occidentale en haute mer. “Claude nous a permis de mettre à jour ce que nous étions capables de faire “ reconnait Fred Pouget.
Le grand écart entre musiques traditionnelles et une certaine idée de l’avant-gardisme musical va si bien au guitariste qu’il s’en délecte et s’épanoui à volonté dans ce “melting pot” musical. Le son de la vielle électro acoustique, des cornemuses et autres fifres se marient avec lucidité aussi bien avec la section de cuivres de l’orchestre que de la guitare électrique du grand Barthelemy dont l’éblouissante virtuosité explique sans doute son indéfectible besoin vital d’aller voir ailleurs en permanence. Ici, il s’investit aussi dans ce qu’il sait fait faire de mieux : écrire de la musique, des arrangements et embarquer des troupes vers de nouveaux horizons.

Au final, on a parfois l’impression que Claude Barthelemy sème un joyeux bazar mais c’est sans compter sur une écriture rigoureuse avec l’intelligence d’une prise de risque qui donne de la liberté aux musiciens et les transcendent dans leurs arts. L’orchestre sonne formidablement, la section de cuivres alimentée par une rythmique des plus solides déploie l’énergie indispensable à l’expression et à l’épanouissement musical de tous. Chaque plage est une histoire dont la naissance et la résolution surprend, au fil des séquences, on finit par guetter avec gourmandise la prochaine houle qui pourrait bien nous attraper et nous jeter dans un port imprévu. L’authenticité d’un folklore bretonnisant réveille et dynamite nos clichés préconçus. La fantaisie créatrice fini par tout emporter sur son passage, j’ai été vraiment emballé par ce joyeux équipage toujours volontariste au cœur de la tempête et de belle humeur. On arrive à quai lessivé, heureux et transformé par ce voyage au long court. Un album rare, une expérience intense et belle dont on ne sort pas indemne.

Michel Aublanc

Jazzman
Je me souviens avoir accompagné l’Occidentale de Fanfare au Sénégal, dans les rues de Dakar pour des parades où ils s’efforçaient de dénaturer la stricte ordonnance de l’harmonie militaire du lieu, plus habituée à jouer des ouvertures de Suppé qu’à improviser de façon débridée. C’était drôle, et plein d’enseignements. On avait aussi arpenté les rues (les sentiers) de la banlieue de Dakar, palabré le soir venu avec les responsables culturels de la zone, puis pris des véhicules supposés dernier cri en direction de Saint-Louis : ils étaient tombé en panne très vite, en pleine brousse et sous un soleil de plomb. La traversée du pont sur le Sénégal, juste en arrivant à Saint-Louis, avec ses souvenirs de l’Aéropostale, avait été un grand moment, juste avant une restauration bien venue, où les poissons du fleuve tenaient une part essentielle. Hier soir, à Perpignan, et en attendant ce même orchestre, repris et détourné par Claude Barthélémy, je pensais donc à tout ça…

Renommé plus simplement « l’Occidentale », relooké et repensé, l’orchestre a pris une belle dimension sous la conduite de Claude Barthélémy. Toujours aussi coloré, avec ses accents bretons ou bordelais, sa voilure éclatée, le « tentette » se laisse rajeunir, et l’on sent que ses membres vouent à leur chef actuel une admiration profonde, et justifiée. Barthélémy n’a guère son pareil pour redonner un profil dansant au répertoire, la musique éclate en propositions diverses, qui ont comme unité et comme horizon l’ensemble des musiques populaires dont elles émanent. Et avec le sourire en prime.

Philippe Méziat Octobre 2014

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« Jazzman » – Novembre 2011

Ne s’attendre à rien, n’avoir aucune idée préconçue. Telle est peut-être la mise en garde qu’il faudrait lancer à l’auditeur non averti de ce nouvel opus barthélemyen. Entouré d’une équipe bigarrée que les habitués reconnaîtront en partie – on retrouve notamment le trio Wintage -, Barthé dévoile ici des humeurs (d)étonnantes qui confirment s’il en est encore besoin son énergie foisonnante et sa puissance compositionnelle. Avec un charme carillonnant et des accents mêlés qui court-circuitent toute classification générique, « Lieder » s’aventure hardiment sur les terrains croisés de la chanson et de la poésie. Le guitariste y exploite à loisir son « goût prononcé pour les oppositions et l’empilage, à pure fin de donner à entendre la musique au-delà des styles par lesquels on la norme« . On y retrouve l’écriture ciselée du double mandataire à la tête de l’ONJ, sa flamme seventies et son goût des contorsions athlétiques dans les arcanes du blues et du jazz-rock, assortis d’une instrumentation plus baroque que jamais (cor anglais, mandoline, hautbois, tap dance, chants d’oiseaux et de grenouiles balinais…). Le tout ponctué d’interventions vocales incarnées notamment par Charlène Martin et Claude Barthélemy en personne, assumant un esprit déluré, un brin désuet, à écouter sans garde-fou. Les paroles sont signées Barthélemy (à l’exception de Un Jour tu verras, de Mouloudji) et soulignent souvent avec justesse la polyvalence de l’orchestration. Ce programme court depuis 2009 et semble avoir trouvé un aboutissement dans ces seize pièces aussi cohérentes que le livret est alambiqué.

Lorraine Soliman

Claude Barthélemy

Guitariste, oudiste, compositeur (et mathématicien), Claude Barthélemy est un artiste phare de la scène musicale française qui n’a cessé de multiplier les expériences dans toutes les sphères artistiques depuis ses débuts en 1978 avec Michel Portal.

Jazz, musique contemporaine, chanson, danse, théâtre, création d’évènements, aucun champ d’expression musicale n’échappe à la boulimie créatrice de Claude Barthélemy : sa discographie éclectique en témoigne.

Si son parcours artistique démontre un prédilection pour le travail d’orchestre (du trio au big-band en passant par l’orchestre symphonique), il affectionne également les expressions plus intimistes et contemplatives du oud, instrument avec lequel il entretient des liens étroits depuis plus de vingt ans.

Claude Barthélemy a dirigé l’Orchestre National de Jazz à deux reprises : de 1989 à 1991, et de 2002 à 2005.

« La carrière de Claude Barthélémy est à la fois zigzagante et rectiline, géométriquement plus riemannienne qu’euclidienne, aléatoire programmée. Ces références n’ont rien d’un gimmick : Barthélémy, Bartok rock, lieu géométrique des banlieues, est né à Saint-Denis, s’est installé à Champigny, a remué tous les garages, déglingué pas mal de mirages, pris beaucoup de virages et approfondi les études de  maths qu’il n’a jamais lâchées. Il en lit encore énormément, y songe, s’en inspire.  Heureusement qu’il reste sur cette planète des types capables encore de rapprocher  (ou d’écarter) un théoricien d’un poète (et vice versa). Ils nous sauvent. Ils nous évitent. Leur violence ramène à la sérénité de leur voie. Ils ont trouvé la voie et ne font pas  croire que c’est simple. Le goût du complexe, chez Barthélémy, son mélange détonnant de science, d’écriture et de va-tout, ce mélange est ce qui emporte, qui étonne, qui bouge. Barthélémy, compagnon de route de tout le jazz français, croiseur de haute mer avec les compositeurs voisins (Globokar, Aperghis, Bachir), ancien directeur de  l’Orchestre National de Jazz pour lequel il a maintenu un projet plutôt déraisonnable, est sans doute l’improvisateur le plus doué des vingt dernières années. Or c’est son
charme, il ne s’y tient pas, ne tient jamais en place. Lui qui a assez de musiques en lui pour déblatérer pendant des heures, il cherche à chaque intervention sa loi, sa catastrophe…

Francis Marmande

Claude Barthélémy, oud hero, compositeur, chef d’orchestres savants & sauvages, guitariste de l’extase, du réel, des longs silences trépidants, et, quand au-delà de 360
tourne la noire, de la lenteur en tant que telle ; docteur ès Rothko, James Taylor, Jimi Hendrix et Anton Webern ; vidéaste de l’instant le plus beau où de l’informe surgit
quelque chose ou presque et amateur des gâteaux les plus gros ; génie sans système de l’échappée belle, au sein de tout ce qui vient, de ce qui à l’ailleurs revient, et en ce sens gödelien ; dodécaphoniste déboulonnant d’aise et coltranisant Boulez ; perpétuateur de catastrophes heureuses sur fond d’ivresse sous-jacente et par là thomien ; éclaireur ; auteur entre mille autres des vers autobiographiques Tout m’arrive à la fois, et Mon âme papillonne au bout de l’impensé ; serein.

Yann Apperry


Discographie

2011 « Lieder » 3=tomato

2004 « La fête de l’eau » Orchestre National de Jazz Le Chant du monde

2002 « Admirabelamour » Orchestre National de Jazz Label Bleu

2000 « Sereine » Label Bleu

1997 « Monsieur Claude » Deux Z

1994 « Rock’airs de la lune » Auvidis

1993 « Solide » Evidence

1991 « Jack-Line » Orchestre National de Jazz Label Bleu

1990 « Claire » » Orchestre National de Jazz Label Bleu

1986 « RealPolitik » vinyle seulement Big Noise Records

1983 « Modern’ » Universal

1981 « Forest One » vinyle seulement Cobalt

1979 « Jaune et encore » vinyle seulement Cobalt

à visiter sur le site de la Médiathèque de la Cité de la Musique